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photo par David Lezcano

« Rien n’est plus beau qu’un cœur penché sous la peine qui trouve la force de se redresser. »

-Anne Barratin (De vous à moi. Feuilles noires)

La tempête

Avoir le cœur brisé : la majorité d’entre nous se reconnaît dans cette expérience qui demeure malgré tout bien unique. On peut avoir le cœur brisé lorsque l’on perd quelque chose ou quelqu’un de cher à nos yeux, comme une relation amoureuse, un ami ou notre animal, par exemple. Dans le cas présent, nous aborderons la rupture amoureuse.

Vivre une peine d’amour peut être extrêmement douloureux et les effets sont indéniables. Notre capacité à fonctionner et à penser clairement est affectée et les émotions difficiles nous ensevelissent : incompréhension, douleur, colère, tristesse, et j’en passe. Cela peut même nous empêcher connecter à ce qui d’habitude nous fait du bien. Cette perte de repères peut entrainer de la confusion, un doute de soi et le sentiment d’être déraciné.  

Malgré que ce phénomène soit répandu, il demeure incompris et nous ne sommes pas à l’abri des préjugés et fausses croyances à son sujet. D’ailleurs, certaines attitudes perçues dans notre société pourraient nous amener à invalider cette expérience. Peut-être êtes-vous familier avec certaines de ces affirmations :

« 1 de perdu, 10 de retrouvés. »

« Nous avons seulement été ensemble quelques mois, ça ne devrait plus m’affecter. »

« Il faudrait que tu passes à autre chose et que tu commences à rencontrer. »

Cette vision parfois simpliste peut mener à un manque d’empathie et nuire au processus de guérison. Considérant l’ampleur du phénomène, il est pertinent de mieux comprendre son fonctionnement et ses impacts, pour mieux se soigner.  

Qu’est-ce qui brise exactement?

Avoir le cœur brisé suscite des réactions dans notre corps et notre cerveau qui affectent significativement notre fonctionnement. La rupture amoureuse peut générer un stress intense (surtout si elle est soudaine) et nous envahir d’émotions difficiles et contradictoires.

La recherche démontre que ce sont les mêmes régions du cerveau qui s’activent lorsque l’on ressent de la douleur physique ou de la douleur émotionnelle. En d’autres mots, le cerveau encode la douleur de la peine d’amour de la même façon que la douleur physique. C’est pourquoi nous pouvons ressentir une réelle souffrance lorsqu’on a le cœur brisé. Nous avons même un langage physique pour décrire l’expérience affective: « C’est comme si on m’avait arraché le cœur. », « J’ai mal, j’ai un poids sur la poitrine », « C’est une claque en plein visage ». 

Lorsqu’on est en amour, le corps produit entre autres de la dopamine et de l’ocytocine, hormones associées au plaisir et au bien-être.  Lorsque la blessure se produit, le niveau de ces hormones diminue significativement et est remplacé par l’hormone du stress, le cortisol. On peut alors ressentir des symptômes qui s’apparentent au sevrage et notre corps se met en mode « fight or flight ». Une exposition élevée au cortisol sur une plus longue période de temps peut mener à des effets négatifs sur le corps et le cerveau.  

Se soigner : un retour aux bases

Avoir le cœur brisé demeure une expérience unique et individuelle. Le processus de guérison passe souvent par l’acceptation de la situation et il existe quelques stratégies pour prendre soin de vous durant ce moment difficile. Cela implique parfois de revenir à ses besoins de base. 

De manière générale, des stratégies de gestion du stress peuvent être bénéfiques pour gérer les symptômes au quotidien, mais également pour vous encourager à réinstaurer une routine et des habitudes saines et positives. Par exemple, faire un sport que vous aimez et qui vous fait du bien ou passer du temps en compagnie de gens proches de vous. 

Il est aussi recommandé de trouver un équilibre entre bien s’entourer, tout en respectant les moments où vous sentez le besoin d’être seul. La période de guérison peut être riche en découverte ou un bon moment pour se réapproprier des intérêts qui étaient moins investis lors de la relation. 

Exprimez-vous auprès de gens de confiance et ne retenez pas vos larmes. Sachez que les symptômes ressentis après une rupture ne veulent pas dire que vous n’avez pas pris la bonne décision. 

Finalement, accrochez-vous! Gardez en tête que le temps fait bien les choses. À votre rythme et en prenant soin de vous, le niveau de stress tendra à diminuer et les périodes de calme réapparaitront, un moment à la fois.  

Quand consulter?

Toute période difficile peut être une bonne raison pour consulter. Par ailleurs, si les symptômes physiques perdurent et que votre état général et votre humeur ne cessent de se détériorer, il peut être avisé de consulter un professionnel pour vous accompagner.

références

(1) Bernier, M. et Simard, M.H. (2011). La rupture amoureuse: repérer les signes avant-coureurs, surmonter l’épreuve, revivre après son deuil. Eyrolles.

(2) Université Laval. Comment surmonter une rupture amoureuse. Repéré à : https://www.aide.ulaval.ca/psychologie/textes-et-outils/difficultes-frequentes/comment-surmonter-une-rupture-amoureuse/

(3) Queensland health. Science behind a broken heart. Repéré à:
https://www.health.qld.gov.au/news-events/news/science-behind-a-broken-heart#:~:text=Studies%20show%20that%20your%20brain,is%20causing%20actual%20physical%20hurt.&text=Then%2C%20when%20heartbreak%20happens%2C%20these,with%20the%20stress%20hormone%20cortisol%20.

(4) Winch, G. (2018). How to fix a broken heart. Simon & Schuster/TED.

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